écrans urbains #4
ville architecture paysage au cinéma

Frissons de David Cronenberg, 1975 Frissons de David Cronenberg, 1975 /
Frissons de David Cronenberg, 1975 Frissons de David Cronenberg, 1975 /
Citadel par John Smith, 2020 Citadel par John Smith, 2020 /

arc en rêve centre d’architecture, propose
le cycle de films écrans urbains ville architecture paysage.
Organisé en partenariat avec le cinéma Utopia
et la revue l’Architecture d’Aujourd’hui
pour explorer les liens entre architecture et cinéma.

 

mardi 05 oct. 2021, 20:15, cinéma Utopia

Citadel de John Smith, 2020 (16’)
documentaire projeté en partenariat avec le FIFAAC – Festival international du film d’architecture

La projection de Shivers sera précédée d’un court métrage proposé par le  Fifaac.
Véritable film de confinement, Citadel de John Smith associe des fragments de discours de Boris Johnson sur la réponse à apporter à la pandémie et des vues de la skyline de la City, depuis la fenêtre de l’artiste. En superposant la voix du pouvoir et l’image du principal quartier financier de Londres, Citadel fustige la décision du gouvernement britannique de placer les intérêts économiques avant la santé publique. La bande son révèle aussi le basculement de stratégie de Boris Johnson, dans la réponse apportée à la crise sanitaire. Citadel constitue finalement une variante plus sobre mais tout aussi virulente de l’articulation entre architecture et débordement épidémique, sur lequel repose  Shivers

 

Frissons de David Cronenberg, 1975 (85′)
La projection sera suivie d’un débat avec Christophe Catsaros, critique d’art et d’architecure et Jennifer Verraes, maître de conférences en études cinématographiques à l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis

Shivers (Frissons, 1975), premier long métrage de fiction de David Cronenberg, s’ouvre sur un diaporama. Tandis qu’à l’écran défile une série de clichés photographiques présentant sous toutes les coutures un immeuble d’habitation construit sur l’Île des sœurs à Montréal — sa façade de verre et de béton, sa structure oblongue et d’un seul tenant, ses douze étages érigés sur une vaste plateforme et les multiples services offerts à ses occupants —, une voix off en fait la publicité : « La vie quotidienne devient une croisière de luxe dans nos appartements de la Starliner Tower […] Traversez la vie dans le calme et le confort, naviguez Starliner. Studios, appartements une pièce ou deux pièces sont disponibles chez Starko, une division de la General Structure Inc. » Placé au seuil de l’intrigue, ce diaporama promotionnel augure à la façon d’un repérage du potentiel narratif d’un décor encore vide de personnages. Comment habiter ce lieu ? Ou plutôt, comment le hanter ? Est-il seulement possible de hanter un tel bâtiment, à savoir un édifice construit (en 1962) par Ludwig Mies van der Rohe ?

Telle est la question que pose Shivers : à quelles conditions le mythe de la maison hantée peut-il établir ses quartiers dans un immeuble de verre conçu pour faire obstacle à l’irrationnel ? La hantise étant affaire de famille, de doubles fonds et d’obscurs placards, Shivers tourne résolument le dos à la transparence, cherche les espaces sans lumière et sans fenêtre, tire les rideaux et occupe de préférence les salles de bains. Mais surtout le film bascule quand la hantise déménage sur le palier et investit ce qu’il reste d’arrière-mondes dans l’immeuble de verre : couloirs, cages d’escalier, ascenseurs, parking, laverie au sous-sol. Paradoxalement donc, la hantise abandonne la sphère privée et rallie les espaces collectifs. Et que fait-elle sous la lumière crue des néons ? Elle frissonne… autrement dit, elle jouit. C’est que l’immeuble de Mies van der Rohe est hanté par un étrange parasite qui, en décuplant la libido de ses habitants, expose très littéralement leur intimité au grand jour et aux regards du voisinage. Des organes sexuels en liberté mènent la danse dans les parties communes, libèrent toutes les manies sexuelles et conduisent tout droit à l’orgie finale dans la piscine olympique de la résidence. L’architecture est-elle sexuée ? La réponse de David Cronenberg est pour le moins inattendue. A-t-on jamais imaginé en effet que l’architecture de Mies van der Rohe était hantée par des passions érotomanes ?

texte de Jennifer Verraes

 

cycle écrans urbains ville architecture paysage
projections + débats
avec Christophe Catsaros, critique d’art et d’architecture

mardi 05 oct., 20:00
Citadel par John Smith, 2020 (16′)
documentaire projeté en partenariat avec le FIFAAC – Festival international du fil d’architecture
Frissons de David Cronenberg, 1975 (85′)

au cinéma Utopia, 5 place Camille Julian, Bordeaux
droit d’entrée : 7 €

 

voir la programmation précédente :

écrans urbains #1

écrans urbains #2

écrans urbains #3