HOMO URBANUS 10 films / 10 villes du monde
Bêka & Lemoine réalisateurs, Bordeaux, Paris, Rome

HOMO URBANUS Rabatius HOMO URBANUS Rabatius / © Bêka & Lemoine
HOMO URBANUS Shanghaianus HOMO URBANUS Shanghaianus / © Bêka & Lemoine
HOMO URBANUS Dohanus HOMO URBANUS Dohanus / © Bêka & Lemoine
HOMO URBANUS Petroburgumus HOMO URBANUS Petroburgumus / © Bêka & Lemoine
HOMO URBANUS Ventianus HOMO URBANUS Ventianus / © Bêka & Lemoine

arc en rêve centre d’architecture est heureux d’accueillir à nouveau les visiteurs avec l’installation cinématographique HOMO URBANUS par Ila Bêka & Louise Lemoine.
Ce projet pensé comme un journal d’immersion subjective, invite le visiteur à déambuler au rythme des différents espace-temps de 10 villes du monde.

Depuis le premier film Koolhaas Houselife (2008) qui fait parler l’architecture par la voix et les usages de cette maison emblématique, à HOMO URBANUS – 10 films sur 10 villes du monde réalisés entre 2017 et 2020 – Ila Bêka & Louise Lemoine développent une démarche cinématographique qui embrasse des problématiques anthropologiques, sociales et culturelles avec un regard contemporain de l’habiter.
Nous avons choisi de programmer cette exposition suite au confinement provoqué par le Covid-19, parce que précisément HOMO URBANUS célèbre la réalité multiple et singulière de la vie de l’espace public, où se jouent l’en commun et l’expérience de l’altérité.

Francine Fort, directrice générale d’arc en rêve  centre d’architecture

 

Après l’épreuve du confinement et de la distance sociale qui ont si brutalement réduit l’espace de la ville à sa dimension la plus restrictive, celle de la simple cohabitation d’individus isolés, HOMO URBANUS propose sous la forme d’une odyssée cinématographique un éloge vibrant de ce dont nous avons le plus été privé : l’espace public.
Suivant une libre divagation autour du monde en 10 films et 10 villes, ce projet nous invite à une observation minutieuse des formes multiples et complexes d’interactions entre les individus et leur environnement urbain au quotidien.
À la croisée de l’anthropologie visuelle et du cinéma d’observation, ces films mettent l’homme urbain sous verre grossissant en nous incitant à regarder de tout près les comportements individuels et collectifs, les dynamiques relationnelles, les tensions sociales, les forces économiques et politiques qui chaque jour se jouent sur la grande scène de théâtre qu’est la rue.

Marcher dans une ville inconnue et récolter des impressions, capter une vibration, collectionner des choses vues au détour d’une rue, à un carrefour, en haut d’un building. Parler d’une ville au présent, dans la simplicité de son quotidien. Écouter sa rumeur, son bruit intérieur. Se caler sur son rythme. Être à l’affût, dans un perpétuel étonnement envers l’imagination que les hommes développent pour trouver le moyen de vivre ensemble. Se demander ce qui fait une ville, essayer de comprendre ses règles silencieuses, ses habitudes, ses travers, ses difficultés, sa façon si singulière de répondre à l’éternelle question : Où allons-nous? Navigation sans boussole, sans orientation et sans but sur le territoire de la ville à la recherche d’instants de vie quotidienne, de gestes, de lieux et de scènes qui font une ville. Notes visuelles sur ce que l’on regarde peu, l’ordinaire de nos pratiques urbaines, de nos manières, de nos habitudes, de nos comportements, de tout ce qui nous échappe et qui parle de nous, habitants des villes. HOMO URBANUS, mais justement qui sommes-nous? De quoi est-on fait? À quoi pense-t-on? Comment vivons-nous? Quel rapport a-t-on développé à l’espace? L’espace pour soi et l’espace pour tous. Où se situe cette frontière? Et que partage-t-on? Quelles relations entretient-on avec nos semblables? Quelles formes cela prend, où et comment? Dans la rue, que donnons-nous à voir de nous-mêmes ou au contraire que cherchons nous à cacher? Quel rapport au temps construit-on en ville? Et comment cela nous définit-il? Quelle relation entretient-on à l’histoire, à la mémoire collective mais aussi à la nouveauté, au renouveau? Quel sens donnons-nous à l’ordre, aux règles, aux normes? Et comment s’y construit la liberté de chacun? Quelle relation a-t-on développé au travail, à l’effort, à la fatigue, au corps? Et l’argent, quelle place a-t-il pris dans nos vies? Le plaisir, l’amour? La spiritualité? Et le bonheur, peut-on en parler du bonheur?

Ces films questionnent notre condition d’animal urbain et la façon dont la ville – cet environnement artificiel que l’on construit autour de nous chaque jour comme une extension de nos corps contemporains – par renversement, nous façonne et nous conditionne.
Prises sur le vif, ces notes visuelles regardent l’homme urbain au sein de son groupe mais aussi dans sa profonde solitude, redessinant les contours de la ville selon une géographie émotionnelle. Plus que cartographier un territoire, il s’agit de laisser parler une ville au travers de ses usages afin de traduire au plus proche la nature mouvante de son paysage humain et de comprendre ce qu’il reste de singularités locales dans le grand mouvement de globalisation de nos modes de vie urbains. En assemblant ces différents films, cette installation observe ainsi les villes comme autant de réponses singulières au défi global du vivre ensemble.

Ila Bêka & Louise Lemoine

10 films
du 4 juillet au 11 octobre 2020

grande galerie
entrée libre, jusqu’au 31 août 2020

01. Homo Urbanus Neapolitanus, 50 min
02. Homo Urbanus Seoulianus, 44 min
03. Homo Urbanus Rabatius, 50 min
04. Homo Urbanus Petroburgumus, 41 min
05. Homo Urbanus Bogotanus, 43 min
06. Homo Urbanus Kyotoitus, 84 min
07. Homo Urbanus Tokyoitus, 55 min
08. Homo Urbanus Shanghaianus, 72 min
09. Homo Urbanus Dohanus, 62 min
10. Homo Urbanus Venetianus, 65 min

 

 

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