conversation territoires en projet

Michel Desvigne paysagiste, Françoise Fromonot critique d’architecture

Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 /
Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 /
Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 /
Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 Territoires en projet, Birkhäuser, 2020 /
Parc Floral Bordeaux / © MDP Michel Desvigne Paysagiste Parc Floral Bordeaux / © MDP Michel Desvigne Paysagiste /

Dans un texte destiné à la consultation pour le Grand Paris 2009 à laquelle il participait au sein de l’équipe de Jean Nouvel, Michel Desvigne envisageait les « trois grands modèles théoriques, formels et stratégiques » qui constituent « l’apport des paysagistes à l’aménagement urbain ». Le plus ambitieux et le plus séduisant, estimait-il, prend appui sur la géographie naturelle d’un territoire pour le doter d’une charpente paysagère qui gouvernera son urbanisation dans le temps. Cette invention de la fin du XIXe siècle a trouvé une apothéose dans les systèmes de parcs conçus aux États-Unis par l’agence Olmsted, comme le « collier d’émeraudes » de Boston et les enchaînements d’espaces publics qui continuent de structurer Buffalo ou Seattle. Un second type d’action s’attache, presque à l’inverse, à désigner des périmètres spécifiques où sera recomposée, pour le loisir ou la contemplation, la nature supplantée par la croissance urbaine. Cette intention a guidé la création des parcs qui, des Buttes-Chaumont à Central Park, représentent encore la quintessence du grand jardin public moderne serti dans la ville dense. Le troisième type, « aux antipodes des précédents », est plus discret, au sens d’une ostentation moindre et d’une discontinuité de son empreinte qui ne l’empêchent pas pour autant de former un ensemble : c’est la constellation de petits espaces plantés que contient toute métropole, ces lieux parfois minuscules qui lui donnent sa porosité et son confort d’usage au quotidien. L’exemple tokyoïte ou new-yorkais des « pocket gardens », cette « poussière de petits jardins qui, parce qu’ils ont tous un statut, sont entretenus et rappellent ainsi constamment la nature en ville », illustre bien cette prodigalité.

Françoise Fromonot, critique d’architecture
extrait de Le paysagiste est-il un urbanisme?, Territoires en projets, 2020

 

Françoise Fromonot
Françoise Fromonot, architecte de formation, est critique d’architecture et professeure à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville. Elle a consacré de nombreux articles et ouvrages à la production contemporaine de l’environnement construit, notamment deux monographies sur l’architecte Glenn Murcutt (Electa-Gallimard, 1995 et 2003), une histoire d’un bâtiment-icône (Jørn Utzon et l’opéra de Sydney, Electa-Gallimard, 1998), un portrait de ville (Sydney, histoire d’un paysage, avec Christopher Thompson, Telleri, 2000) et un diptyque qui analyse les déboires de la dernière rénovation du centre de Paris : La Campagne des Halles. Les nouveaux malheurs de Paris, en 2005, et La Comédie des Halles. Intrigue et mise en scène, en 2019, publiés tous deux aux éditions de La Fabrique. Elle a cofondé en 2008 et co-animé pendant dix ans à Paris la revue criticat.

Michel Desvigne
Michel Desvigne obtient un diplôme de botanique et de géologie à l’université des Sciences de Lyon-II en 1979, avant de poursuivre ses études à l’École nationale supérieure du paysage de Versailles, où il obtient son diplôme de paysagiste en 1984.
De 1983 à 1986, Michel Desvigne mène divers projets et réalisations, seul ou en collaboration avec les paysagistes Christine Dalnoky, Michel Corajoud et Alexandre Chemetoff.
Lauréat en 1986 du concours de l’Académie de France à Rome, Michel Desvigne est pensionnaire de la Villa Médicis de 1986 à 1987. Une aide du FIACRE (le fonds d’incitation à la création d’entreprise français du ministère de la Culture) lui permet à son retour de poursuivre ses recherches.
En 1988 il s’associe avec Christine Dalnoky et crée l’agence Desvigne & Dalnoky qui réalisera, entre autre, le jardin de l’opération de logements de Renzo Piano à Paris, rue de Meaux, des espaces publics à Lyon, l’entrée de ville de Montpellier, les abords des gares du TGV, et en 1999 les aménagements paysagers de l’espace public autour de la Bibliothèque François-Mitterrand à Paris.

En 2000, Desvigne et Dalnoky reçoivent la médaille de l’Académie d’architecture.

Nommé au Grand Prix de l’urbanisme en 2003, Michel Desvigne est de plus en plus sollicité par des architectes pour collaborer sur leurs projets. Il réalise ainsi l’immense parc de Greenwich à Londres avec Richard Rogers, les jardins d’un musée de Minneapolis avec Herzog et De Meuron, la place centrale d’Almere aux Pays-Bas avec Rem Koolhaas, et travaille avec Norman Foster pour le viaduc de Millau. Au Japon en 2004 Michel Desvigne conçoit un jardin sur le toit d’un nouveau bâtiment de la Keio University de Tokyo.

En France Michel Desvigne participe au projet de Lyon Confluence, en 2004 il propose une charte d’aménagement paysager des berges de la Garonne à Bordeaux rive droite, et dessine le jardin du ministère de la Culture, à Paris avec l’architecte Francis Soler et le botaniste Patrick Blanc.

Dans son travail Michel Desvigne revendique souvent une certaine naturalité dans ses interventions, un goût de la géographie plus que de l’histoire, une certaine idée de la fluidité et en même temps de la lisibilité des paysages.

Son activité se partage entre la réalisation de projets et d’études pour des villes, des institutions publiques ou des organismes privés. Michel Desvigne enseigne en France et à l’étranger, chevalier des Arts et Lettres depuis 2003, ses recherches et réalisations ont fait l’objet de nombreuses expositions et publications.

 

conversation, dans le cadre de l’exposition arboretum
mercredi 8 décembre, 18:30
auditorium, entrée libre

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